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ARCACHON VILLE DE SANTE

Arcachon a mérité d'être qualifiée de "ville de santé" en raison de trois facteurs : l'eau de mer, le climat, l'eau de source qui, tour à tour ou simultanément, on fait d'Arcachon une station balnéaire, climatique et thermale.

L'EAU DE MER

Aux environs de 1820, François Legallais, maître de cabotage, époux d'une Testerine qui lui avait apporté en dot quelques arpents de rivage, François Legallais donc, avait observé que des riches familles bordelaises louaient depuis quelques années, des cabanes de pêcheurs, de résiniers ou même les postes de douanes de l'Aiguillon et du Moulleau, pour prendre des bains de mer, suivant la mode lancée par de riches Anglais sur les plages de la Manche.

Pourquoi ces familles venaient-elles se tremper dans l'eau de mer dans ces conditions particulièrement inconfortables ? Certainement pas pour prendre des vacances de mer et de soleil comme on l'entend actuellement.

N'oublions pas qu' à l' époque et jusqu' à la guerre de 1914, le soleil était considéré comme dangereux et la mer ne jouissait pas d'un préjugé glus favorable. Alors pourquoi venaient-elles, sinon pour bénéficier des bienfaits thérapeutiques de l'eau de mer. Legallais eut le mérite de leur offrir le confort et la sécurité. Dès 1823, ll construisit le premier établissement de bains d'Arcachon, suivi très vite par ceux de Biraben, Duprat et Tindel. Bungalows à un étage avec galerie circulaire, ces établissements offraient aux touristes le logement et la restauration, mais surtout une plage de sable fin, propre, ratissée, où l'on se baignait sans danger, des cordes de secours étant prévues. A l'intérieur, les curistes (on peut déjà employer ce mot) pouvaient prendre des bains d'eau de mer chaude dans des petits cabinets particuliers, très proprement tenus.

Ces établissements connurent rapidement une forte fréquentation qui ira en s'amplifiant avec l'arrivée du chemin de fer. Il faut également se souvenir que durant tout le XIXème siècle, la natation n'était pratiquée que par une infime partie de la population. La plupart des marins, des ostréiculteurs et des riverains ne savaient pas nager et ceci était encore plus vrai pour les femmes.

Donc, quand on parle de bains de mer, il s'agit seulement d'une immersion dans l'eau salée.

Très vite, les médecins Buchan en 1805, Rouxel en 1812, rappelèrent qu'on ne pouvait pas impunément tremper le corps entier dans l'eau de mer, qu'il s'agissait d'une véritable thérapeutique, qu'il existait des contre indications formelles, et qu'en conséquence une surveillance médicale s'imposait. C'est le docteur Rocca qui codifia la balnéothérapie marine dans un livre de 280 pages, exclusivement consacré aux bains de mer et à leur action sur la santé. Dans cette bible balnéaire, le Docteur Rocca s'attache d'abord à la séméiologie, l'étude des signes. Il relève cette sensation de saisissement, de frissons, d'oppression que l'on ressent souvent en entrant dans la mer, impression fugitive qui, très vite, laisse place à une sensation de bien être. Il note aussi que si le baigneur reste trop longtemps dans l'eau, il peut éprouver une seconde fois cette sensation de malaise et de frissons. Ce frisson secondaire est un signe d'alerte et impose obligatoirement au baigneur de sortir de l'eau dans les plus brefs délais.

Il remarque également qu'après les premiers bains, le sujet ressent, dans le courant de la journée, une impression de fatigue et de lassitude. Ces symptômes disparaissent à partir du 10ème bain pour laisser place à un bien être nouveau et à un accomplissement plus régulier de toutes les fonctions. C'est alors que le bain produit le plus d'effets physiologiques et que l'amélioration de la santé devient sensible.

Mais il ne faut pas se laisser entraîner et savoir arrêter les bains avant le 30ème.

La durée des bains ne doit pas excéder 2 à 3 minutes pour les jeunes et 5 à 10 minutes pour la généralité des baigneurs. A ces instructions, il faut ajouter les précautions à prendre avant le bain ; ce sont les mêmes que de nos jours.

Toutefois, deux recommandations pourront vous surprendre :

- pour se baigner, il faut se coiffer d'un chapeau de paille à larges bords, à travers duquel l'air et l'eau pénètrent bien et, puisqu'on ne sait pas nager, ne pas rester dans la mer dans une immobilité complète, mais procéder à l'agitation des membres supérieurs puis des membres inférieurs, le pas de gymnastique dans l'eau étant recommandé.

- en sortant de l'eau, s'essuyer de la tête aux pieds en frictionnant jusqu'au rouge de la peau et prendre ensuite un léger exercice.

- enfin, le costume: pour les hommes, une longue chemise ou un pantalon et une chemisette. Pour les femmes, une longue chemise ou une robe courte et un pantalon obligatoirement de couleur foncée, le tout sous un chapeau de paille à larges bords. Défense absolue de s'habiller ou de se déshabiller en dehors des cabines de bains ou des hôtels et, dans ce cas, avec des peignoirs.

Bien évidemment, la mode s'en mêlant, le costume de bain évoluera pour devenir ce qu'il est aujourd'hui et que je ne vous décrirai pas, d'ailleurs il n'y a rien à décrire.

Que pense le docteur Rocca des bains chauds d'eau de mer, c'est à-dire de 27 à 32° : les premiers effets de l'immersion sont beaucoup moins marqués que lors des bains de mer froids. On peut allonger la durée à 10 à 15 minutes pour les enfants et à 20 à 30 minutes pour les adultes. lis sont recommandés aux enfants de 1 à 4 ans, aux femmes enceintes à qui le bain froid est interdit, et aux hommes d'un âge avancé, le bain de mer froid étant déconseillé après 50 ans et interdit après 60 ans, sous la triple menace d'apoplexie, d'anévrisme et d'essoufflement.

Dès 1860, le maire d'Arcachon avait fait approuver par son conseil municipal un règlement des bains de mer et nommer un médecin inspecteur des bains de mer, dont le premier titulaire fut le docteur Perreyra, cousin des frères Péreire. Quelles étaient les indications thérapeutiques des bains de mer chauds ou froids ? D'abord un postulat. Tout mouvement fébrile est une contre indication absolue à la balnéation marine.
Il en découle que cette thérapeutique ne peut être profitable qn'à une amélioration de l'état général, donc s'adresse :

- aux enfants lymphatiques, adénoïdiques, scrofuleux, rachitiques,
- aux jeunes en période pubertaire qui est favorisée,
- aux enfants et aux adultes anémiés et chlorotiques,
- aux jeunes filles et aux femmes aménorrhéïques ou dysménorréïques et aux cas de stérilité,
- aux hémiplégiques et paraplégiques en phase chronique,
- aux suites de fractures, d'entorses, de luxations, d'opération osseuses,
- enfin, au ralentissement du transit intestinal.

A côté des bains d'eau de mer proprement dits furent aussi utilisés des douches et des pédiluves d'eau de mer, ancêtres de la thalassothérapie, dont le nom fut d'ailleurs inventé par un médecin arcachonnais, le docteur de la Bonnardière, en 1898.

L'eau de mer était aussi utilisée par la voie orale comme purgatif, en lavement pour le même effet, enfin en douche vaginale pour les affections gynécologiques. En tant que thérapeutique, la balnéothérapie va disparaître au cours des années. Elle semble toutefois retrouver une nouvelle vogue avec la mode de la thalassothérapie.

Une anticipation de la thalassothérapie fut mise au point dès 1925 par le docteur Loubatié qui préconisait, pour les enfants en croissance difficile et pour certains adultes, des bains d'eau de mer chaude, enrichie en iode par des algues, bains administrés dans un micro établissement thermal, la villa Palestra à Arcachon. Ce traitement pouvait être complété par une cure d'huîtres supériodées et, plus tard, par des ersatz d'eau de mer: l'Ostréiode, ou la Plasmarine.

Enfin, il faut citer le sérum de Quinton qui n'était autre que de l'eau de mer prélevée stérilement par 10 mètres de profondeur, au delà des passes du Bassin d'Arcachon par les marins de la Société Scientifique. Mis en ampoules, ce sérum ou cette eau de mer, comme vous voudrez, était directement injecté, le plus souvent, par voie sous cutanée. Très utilisé après la guerre de 14, avec une indication supplémentaire pour les gastro-entérites du nourrisson, les résultats furent assez vite contestés et son utilisation progressivement abandonnée. Le sérum de Quinton est toujours utilisé mais, cette fois, plus prudemment, en ampoules buvables.

Sont directement dérivés de la balnéothérapie, les bains de sable chaud ou arénation et les bains de boues marines. L'arénation, couramment pratiquée au XIXème siècle, obtenait d'excellents résultats dans le traitement des rhumatismes et notamment des algies rebelles.

En voici la description par Dejean en 1858.

«Les bains de sable sont pris au lieu même que le flux vient de quitter, après que le soleil ait fortement chauffé le sable. Le malade se fait recouvrir tout le corps, ou seulement en partie si le siège du mal est peu étendu, de 5 à 6 centimètres d'épaisseur de sable brûlant. Il reste ainsi exposé à l'ardeur du soleil autant que ses forces le lui permettent, en ayant soin toutefois de tenir sa tête à l'abri d'un parasol ou d'un feuillage. Lorsque son pouls bat avec violence, que sa figure est ruisselante, qu'une sueur abondante s'échappe par tous ses pores, on l'enveloppe soigneusement dans une couverture de laine et on le met au lit jusqu'à ce que la sueur ait complètement cessé».

Cette thérapeutique fut assez vite abandonnée. Par contre, en rhumatologie, l'application des boues marines prélevées dans les vasières du fond du Bassin fut pratiquée d'une manière artisanale (dans 2 à 3 cabines) à partir de 1960 et jusqu'à nos jours où elle connaît toujours le même succès, par un médecin de Gujan-Mestras, avec des résultats probants. Il serait intéressant de proposer ce traitement par les boues marines du Bassin aux curistes des futurs centres de thalassothérapie.

LE CLIMAT

Sans rentrer dans des détails qui nous entraîneraient trop loin, le climat arcachonnais est un climat marin atténué sans brusque variation de température, sous un ensoleillement voisin de celui de la Côte d'Azur.

Au moment où les bains de mer tendent à disparaître comme thérapeutique, ce climat va déterminer une nouvelle orientation médicale de la ville qui va perdurer, sous diverses formes, jusqu'à nos jours.

Il était d'observation courante que la tuberculose pulmonaire ne frappait pratiquement jamais les marins locaux et les résiniers, malgré leurs conditions de vie défectueuses et leur malnutrition. Perreyra, médecin inspecteur des bains de mer d'Arcachon, releva le fait et en fit part à ses cousins Péreire. Ceux-ci comprirent vite le parti qu'ils pouvaient en tirer. Ce sera la création de la ville d'hiver qui devint un sanatorium ouvert pour les tuberculeux.

Un bref rappel de pathologie : on appelle tuberculose les manifestations pathologiques dues au bacille de Koch, agent de différentes formes de tuberculose: pulmonaire, osseuse, intestinale, méningée, génitale, etc... Pour l'instant, seule la tuberculose pulmonaire nous intéresse. Elle peut revêtir différentes formes cliniques mais seule la présence du BK dans l'expectoration ou le tubage gastrique permet d'affirmer la réalité d'une tuberculose pulmonaire.

Au XIXème siècle, la tuberculose pulmonaire, plus couramment appelées phtisie, était considérée comme le premier fléau social. Le pourcentage de décès par tuberculose était de 270 en moyenne pour 100.000 habitants soit, pour l'ensemble de la France, et par an, 90.000 décès environ dûs à cette maladie. La tuberculose touchant les jeunes en priorité, 50% des décès des Français âgés de 20 à 40 ans étaient dûs à la tuberculose. D'ailleurs, quelle est la famille française qui, de 1850 à, 1950, n'a pas compté au moins un tuberculeux parmi ses membres.

Ce chiffre de 90.000 décès par an, en France, est rétrospectivement effrayant. Si on compare ce chiffre avec la crainte et même la terreur que provoquent les 2.800 morts, chiffre moyen annuel en France de 1988 à 1991, dûs au SIDA, on imagine la répercussion médiatique, presse, radio, télé, que comporterait de nos jours une maladie causant, dans notre pays, 100.000 morts annuelles.

Pourquoi ces décès ? Tout simplement parce que la médecine de l'époque ne disposait d'aucun médicament capable de détruire le bacille que Koch ne découvrit qu'en 1882, soit vingt ans après que les Péreire eurent commencé, en 1862, la construction des villas de la ville d'hiver. Car, très vite, Péreire vit le parti qu'il pouvait tirer de ses terrains dunaires, dans une perspective médicale.

Il invita donc les médecins d'Arcachon à s'associer à la réalisation et à la réussite de son lotissement. Répondant avec empressement à son appel, concrétisant leurs théories médicales par ce financement inespéré, les docteurs Gustave Hameau, F. Lalesque, H. Duphil, Venot et Sébastien tracèrent avec Régnauld ce parc à l'anglaise où règne la ligne courbe, où aucune route, pour éviter les courants d'air, ne se croise à angle droit avec un autre chemin, où les villas sont disséminées dans la verdure et situées à l'intersection des dunes, donc au midi, ensoleillées et abritées des vents.

Les hommes d'affaires connaissaient déjà l'importance de la publicité. Péreire n'hésite pas à y recourir et, habilement, va en jouer sur deux registres. Tout d'abord, faire donner son meilleur agent publicitaire, l'Empereur dont il est sûr que tous les gestes seront rapportés Par les journaux, qu'ils soient favorables ou d'opposition. Il persuade donc Napoléon III de faire un détour par Arcachon, en revenant du pays Basque.

C'est ainsi que l'Empereur, l'Impératrice et le Petit Prince passeront la journée du 4 octobre 1863 en Arcachon et visiteront la ville d'hiver en compagnie de Péreire.

L'étonnement admiratif de l'Empereur sera longuement commenté dans les gazettes.

Deuxième volet publicitaire : toucher le milieu médical.

Certes, les médecins arcachonnais publient des observations encourageantes dans les bulletins des société savantes ou médicales, appuyés par leurs confrères bordelais et même étrangers, comme le docteur Mess des PaysBas ou le docteur Corrigan, Président de la Société de Médecine de Dublin.

Mais Péreire se rendait compte du peu d'empressement des médecins parisiens à adresser leurs malades à Arcachon. Le consensus de la Faculté de Médecine de Paris, de «l'Alma Mater», était encore plus nécessaire que de nos jours.

L'occasion se présenta (ou fut-elle provoquée) par la tenue à Bordeaux, à l'automne 1865, du Congrès National de Médecine. Le Professeur Bouillaud, de la Faculté de Médecine de Paris, mondialement connu pour ses travaux cliniques, assurait la présidence. La Compagnie des Chemins de Fer du Midi invita tous les congressistes (215 médecins) à passer la journée du 8 octobre à Arcachon. Les médecins visitèrent la ville d'hiver et furent séduits par cette conception nouvelle et audacieuse qu'elle représentait : un sanatorium ouvert.

Dans ce sanatorium ouvert, tout, absolument tout, doit être règlé par les médecins.
D'abord, le cadre. Nous avons évoqué le tracé de la ville d'hiver. Plus tard, ce sont les médecins qui décideront de l'orientation et de la déclivité de la place des Palmiers, actuellement place Fleming. l'intérieur des maisons, aucune saillie, aucune décoration en relief.
Les murs sont raccordés avec le plafond et les sols avec les murs. Ni tentures ni rideaux, mobilier très simple. Tout est fait pour faciliter le nettoyage, ce qui n'empêche nullement, au contraire, la recherche de l'esthétique extérieure. Le mode de vie est réglé par le médecin tout au long de la journée.

Le malade occupera, au premier étage, la pièce la plus vaste qui recevra le soleil par de larges ouvertures à l'est et au sud. Les crachoirs seront en porcelaine, vidés et désinfectés 2 fois par 24 heures. Le médecin expliquera au malade la cure de repos, lui apprendra que l'air est un médicament dont il doit connaître l'usage, lui indiquera l'emplacement de sa chaise longue, où et quand il doit utiliser un paravent, etc... Régime alimentaire riche en viandes et en poissons, la suralimentation, contrairement à l'opinion médicale de l'époque, n'est pas ici recommandée. La cure d'huîtres est discutée, mais pour ceux qui la supportent, elle est vivement conseillée. Ceci concerne les malades se soignant dans les villas ; pour ceux qui suivent la cure dans des hôtels ou des pensions de famille, voici ce que dit un médecin, et je cite :

«Le médecin, dans une ville médicale, doit avoir une autorité incontestée auprès des logeurs, simples habitants du pays et auprès des maîtres d'hôtel. Il faut qu'il puisse exiger d'eux l'obéissance absolue à ses instructions pour l'institution des régimes. Dans les hôtels et les pensions de famille, j'ai fait établir, depuis plus de 15 ans, des tables particulières dites tables de régime, où l'on ne sert au malade que ce qu'il peut et que ce qu'il doit manger».

Pour son célèbre Docteur Knock, Jules Romains, en 1923, n'a pas dû chercher très loin ses modèles, Arcachon, en tout cas, pouvait les lui fournir. La tenue vestimentaire : les sous-vêtements en flanelle sont imposés. Les vêtements doivent être amples, le chapeau de paille obligatoire pour la promenade.

Celles-ci, au début, ne sont autorisées que dans la forêt; défense absolue de descendre vers les plages ; promenades courtes pour éviter l'essoufflement et terminées une demie heure avant le coucher du soleil. Plus tard, à la cure forestière, toujours obligatoire dans un premier temps, pourront s'ajouter une cure mixte forestière et héliomarine, quelquefois même, suivant Lalesque, héliomarine pour des formes cliniques très précises.

Aux soins habituels du corps devront s'ajouter des frictions à l'eau de mer froide et des onctions aux produits térébenthinés. Le traitement proprement dit doit tenir compte que le bacille de Koch, protégé par son enveloppe cireuse, ne pouvait pas être détruit directement. ll faut donc stimuler, dynamiser les défenses de l'organisme pour permettre aux lésions de cicatriser. Donc repos, repos du corps et de l'esprit, mais surtout cure d'air, vieille thérapeutique que Pline l'Ancien notait déjà : «Il est certain que l'odeur seule des forêts où l'on recueille la poix et la résine est extrêmement salutaire aux phtisiques et à ceux qui, après une longue maladie, ont de la peine à se rétablir».

Cet air d'Arcachon apporte aux poumons malades du chlorure de sodium, de l'ozone et de la térébenthine provenant des forêts de pins, environ 10 mg par m' d'air. Dans ce même esprit, les infusions de feuilles de pin séchées et la sève de pin diversement accommodée sont particulièrement recommandées.

Dès 1860, une buvette de sève de pin était installée en pleine ville d'hiver, à l'angle actuel des allées Charles Rhoné et de Mentque. En outre, cette sève de pin d'Arcachon était commercialisée sous forme de pastilles, de sirop de sève de pin et d'essence de sève de pin pour pulvérisation dans les appartements, trois formes toujours utilisées actuellement. Les médicaments prescrits ne sont que des médicaments symptomatiques, ceux de la toux, de l'expectoration, de l'anémie ou des adjuvants comme les antiasthéniques.

Les résultats : les résultats ne sont ni meilleurs ni pires que dans les autres stations de cure de montagne ou des rivages méditerranéens.

Sur 100 cas, 36 décès, 12 aggravations, 16 améliorations et 8 guérisons. C'est la statistique publiée par le docteur Gustave Hameau en 1867. Le meilleur taux de guérison atteindra 13% à la veille de la guerre de 1914. Ces statistiques portent sur des malades relativement fortunés, dont les familles pouvaient payer un séjour en villa ou en pension de famille. Qu'en était-il des autres, de ceux qui ne pouvaient pas payer, la Sécurité Sociale n'existant pas encore. Ils ne pouvaient s'offrir la cure d'Arcachon et s'entassaient dans des sanatoriums où le pourcentage des décès était beaucoup plus élevé.

Dès le Second Empire, on savait que la tuberculose trouvait sa terre d'élection dans les taudis et les conditions de vie d'une population en malnutrition. Aussi, les médecins, très rapidement, prirent conscience que si l'on soignait les enfants des milieux défavorisés, on limiterait plus tard le nombre des tuberculeux. Il s'agissait d'enfants que les anciens appelaient des scrofuleux, c'est-à-dire présentant des lésions tuberculeuses ganglionnaires, articulaires, osseuses, etc...

C'est dans cet esprit que, grâce à un legs de M. Engremy et à l'action tenace du docteur Armaingaud, le sanatorium du Moulleau ouvrit en 1888 avec 40 enfants, pour arriver à 250 enfants. Cet établissement deviendra le préventorium Saint-Vincent de Paul qui fonctionne encore actuellement en «polydiversité». De même, sous l'influence de M. Desclaux de Lacoste, s'ouvrira en 1893, pour une centaine d'enfants, le sanatorium protestant du Moulleau.

Comment la population locale percevait-elle le voisinage des tuberculeux, puisqu'elle n'ignorait pas que la tuberculose était une maladie contagieuse.

La ville d'Arcachon recevait, à chaque saison d'hiver, environ 300 familles nouvelles qui amenaient chacune au moins un tuberculeux. Etait-ce un foyer de contagion ? Pas du tout. La moyenne des tuberculeux arcachonnais était nettement inférieure à la moyenne nationale. Comment expliquer cet état de fait. Tout simplement parce que, très tôt (1864), les médecins et le conseil municipal unirent leurs efforts pour la désinfection des locaux, du linge, etc... Mais ce n'est qu'en 1900 que le maire prendra un arrêté qui rendra obligatoire les pratiques de la désinfection placée sous le contrôle d'un médecin sanitaire.

En 1903, Veyrier-Montagnères crée un laboratoire municipal d'hygiène.

170 désinfections seront effectuées cette annnée-là, la moyenne s'établira ensuite autour de 350 jusqu'à la première guerre mondiale avec une pointe de 521 en 1913. L'opération est d'importance.

Elle implique la formolisation de la pièce où résidait le malade, le passage à l'étuve des objets contaminés, le lessivage au sublimé des parquets, boiseries, plinthes. Ce n'est pas tout. Le linge des malades doit lui aussi subir un traitement spécial. Chaque famille de tuberculeux reçoit un sac confié à une blanchisserie équipée d'un matériel adéquat.

Cette volonté systematique d'asepsie se manifeste jusqu'aux livres des cabinets de lecture (Arcachon en compte plusieurs) pour lesquels le docteur Festal a fait adopter un modèle de caisse qui désinfecte de 15 à 20 volumes à la fois.

Lalesque et ses confrères réussissent à imposer aux malades le crachoir de poche : au cours des 3 saisons hivernales 1897-98-99, les pharmaciens de la ville en vendirent 750, sans chiffrer ceux en fer ou en porcelaine que les malades utilisaient à domicile. Comme toujours, la thérapeutique évolue.

Dès 1910, l'académie de médecine conteste les bienfaits des cures forestières ou héliomarines pour les tuberculeux ouverts. Cependant, le 14 juillet 1914, Arcachon est érigée en station climatique avec tous les avantages qu'un tel classement comportait, notamment la fameuse taxe de séjour, toujours perçue de nos jours. L'année précédente, le professeur Landouzy, doyen de la Faculté de Médecine de Paris, avait fait au Congrès National des Voyages d'Etudes Médicales un vibrant éloge d'Arcachon, exemple type du «home sanatorium».

Mais déjà une autre tendance se faisait jour. Sous l'impulsion de M. de Gaulnes, premier Président du Syndicat d'Initiative, de nombreux Arcachonnais transformeraient volontiers leur ville -dont le label médical commence à peser- en une station de vacances, station d'été, de plaisirs et de fêtes où les malades n'auraient plus guère leur place. La guerre de 1914-1918 brisa net cet élan.

Dans les années 20, la querelle reprit très vite entre les partisans de la station de cure et les partisans de la station d'été.

En 1922, le docteur Lorentz Monod créait, au coeur de la ville d'hiver, allée Lakmé, un sanatorium de trente lits, « les Elfes», qui deviendra maison de convalescence. C'était le chant du cygne des partisans d'Arcachon, station de cure tuberculeuse.

Pendant une dizaine d'années, les deux conceptions s'opposèrent violemment, notamment à travers les journaux locaux.

Les remous furent vifs au Conseil Municipal. Pour la seule période du 19 mai 1929 au 26 avril 1930, soit en moins d'un an, on ne compte pas moins de deux démissions de maire, d'une démission de l'ensemble du Conseil Municipal, de trois élections municipales totales ou partielles et trois élections de maire.

Avec l'élection de Marcel Gounouilhou, la population arcachonnaise plébiscitera Arcachon ville balnéaire, ville touristique, ville d'enfants, c'est-à-dire qu'elle ne veut plus de tuberculeux

Ceux-ci quittent progressivement la ville d'hiver sans être remplacés. A la veille de la guerre de 1939, il n'y a pratiquement plus de tuberculeux pulmonaires à Arcachon. Ce fait est capital puisqu'à des contagieux succèdent des non contagieux.

De ville sanatoriale, Arcachon,devient une ville préventoriale.

Un consensus s'établit donc autour de la prétuberculose, surtout lorsqu'il s'agit d'enfants, tous les petits tousseurs, les lymphatiques, les anémiés qui retirent les plus grands profits d'une cure marine et forestière, confirmant ainsi les vues du docteur Armaingaud.

Aussi n'est-il pas surprenant de voir se créer à Arcachon trois établissements :

- l'un en 1936, l'Aérium Saint-Joseph accueillant une cinquantaine d'enfants, reconverti actuellement dans l'accueil des personnes âgées

- un autre, beaucoup plus important, 500 m2 en plein centre ville sur trois étages, un quadrilatère entouré par le cours Lamarque, le cours Tartas, la rue Legallais et la rue des 3 fontaines, le préventorium Saint-Vincent de Paul fondé en 1925 pour accueillir plus de 200 enfants, qui deviendra d'abord un hôpital, puis l'actuel Centre Socio-Culturel.

- Enfin, grâce à un don du docteur Lalanne, la ville de Bordeaux ouvrira, en 1937, le Préventorium La Dune, préventorium multipavillonnaire, préventorium modèle pour l'époque, recevant plus de 250 enfants.

La Dune cessera d'être un préventorium en 1988.

Mais de 1925 à 1950, les cinq préventoriums tournent à plein et le grand maître national de la pédiatrie, le professeur Debré, envoie en hiver, à Arcachon, des primo infections et des convalescents de pleurésie.

En même temps, sous l'influence de Lalesque fils, se développe à Arcachon une nouvelle indication climatique : le traitement des tuberculoses osseuses et principalement celui du mal de Pott, qui nécessite d'être la plupart du temps allongé.

Vous êtes certainement encore nombreux dans cette salle à vous souvenir des voiturettes véhiculant «les allongés» dans les rues de la ville, ou tout simplement vous souvenez-vous des «allongés» prenant leur bain de soleil sur la terrasse de la clinique Lalesque, puis clinique Cuenot, sur le boulevard Veyrier-Montagnères.

Cette clinique fermera ses portes en 1958, laissant la place, d'abord à la Sécurité Sociale, puis à un grand ensemble immobilier.

A partir de 1945, la pratique systématique du B.C.G., l'utilisation d'antibiotiques toujours plus spécifiques du Bacille de Koch, mais aussi nouvelles conditions d'existence, vont considérablement modifier l'étiologie et la thérapie de la tuberculose qui tendra, sinon à disparaître, moins à devenir une maladie curable.

La municipalité arcachonnaise, Lucien de Gracia et le docteur Lorentz Monod en tête, ne renoncent pas pour autant à Arcachon station climatique. Ils relancent le traitement de l'asthme et des allergies respiratoires et même cutanées par le climat d'Arcachon.

En 1952, le Lycée Climatique de Grand Air d' Arcachon, premier lycée climatique de plaine, offre 165 places d'internat réservées en priorité aux insuffisants pulmonaires au sens large, appuyé sur une importante infrastructure médico-hospitalière.

En 1959 est créé le Centre de Recherche Bioclimatique d' Arcachon, subventionné par le Conseil municipal et l'Office municipal du Tourisme. Outre l'installation des postes météorologiques du port et de l'allée Lorentz Monod, nous devons à ce Centre (C.R.B.A.) la publication de nombreux travaux, notamment ceux de Cuenot et de Chantegreil, mais aussi des thèses de Thomas et de Brom sur l'action bénéfique du climat arcachonnais en milieu scolaire.

En 1970, c'était hier et vous l'avez tous connu, le docteur Wolff résumait devant le Congrès National de la Médecine de groupe, les qualités du climat arcachonnais :

- vertu anti inflammatoire,

- vertu antiallergique,

- vertu stimulante.

Et c'est dans cet esprit «Arcachon station climatique» que le conseil municipal, dans sa séance du 10 juillet 1989, transformait le Centre de Recherche Bioclimatique d'Arcachon en un Centre Européen de Recherche Bioclimatique d'Arcachon avec, à sa tête, le docteur Raimond qui, de Président, devenait Délégué Général du C.E.R.B.A.

LE THERMALISME

Le 29 novembre 1922, la société de recherches de minerais et d'hydrocarbures entreprenait un forage de recherches pétrolifères sous la direction de l'ingénieur Louis Lemarié.

En août 1923, à 465 m, une eau chaude, 25°, à légère odeur sulfureuse, jaillissait à plus de 8 m du sol à raison de 70.000 litres à l'heure, soit en 24 heures, 1 million 650.000 litres, ce qui la classait dans les dix premières sources françaises

Abandonnant la recherche d'hydrocarbures au résultat incertain, Louis Lemarié propose à sa société de rentabiliser cette source en utilisant ses propriétés.

Minéralisation remarquablement peu élevée, 243 mg/litre, d'où une eau très légère, proportionnellement riche en silicium, 13 mg, peut-être la moins calcique des eaux naturelles 16 mg/1 légèrement magnésienne, 8 mg/1, évidemment bactériologiquement excessivement pure pour ne pas dire stérile.

La profondeur de la source et la force du jaillissement permettaient de conduire directement l'eau de la source à l'embouteillage, sans le recours du pompage, lui conservant ainsi sa pureté bactériologique.

La Source des Abatilles baptisée Source Sainte-Anne reçut l'autorisation de l'Académie de Médecine le 30 juin 1925 et celle de l'Etat par décret du 10 juillet 1925.

Dès avril 1925 se constitue une Société Thermale des Abatilles, société par actions, actions souscrites, entre autres, par de nombreux Arcachonnais.

Les eaux de la source sont d'une part conditionnées en bouteilles de 900 ml, en demi et en quart, mais aussi en bonbonnes de verre de 25 litres entourées d'un revêtement de toile de jute, munies d'un double bouchon de liège recouvert également de jute, assurant ainsi un bouchage hermétique. Bouteilles et bonbonnes étaient commercialisées et livrées dans les cafés, les restaurants, les pharmacies et chez les particuliers.

Les actionnaires bénéficiaient d'une remise de 20% sur le prix de l'eau.

L'établissement thermal proprement dit fut construit en 1928 sur le type basque des villas du Pyla. Il comportait les habituelles salles de douches et de bains des établissements thermaux avec le personnel médical spécialisé. Une buvette de dégustation, très coquette, fut mise à la disposition des curistes. C'est celle que nous voyons encore aujourd'hui ; elle a été rénovée exactement dans sa forme initiale.

Cet établissement thermal avec sa buvette avait fière allure dans son magnifique parc où, dès la fin des années 20, quatre courts de tennis furent mis à la disposition des curistes.

Quels étaient les bienfaits de la cure thermale ?

Permettez moi de vous lire les propriétés de l'eau des Abatilles telles qu'elles figurent dans la plaquette remise aux curistes, et je cite «Après la fin d'un repas, l'eau des Abatilles, c'est l'absolution après le pêché». «Messieurs, si vous vous sentez sans appétit et sans ardeur au travail, décalaminez votre foie». «Mesdames, si votre teint se plombe, sachez que l'eau des Abatilles éclaircit le teint et rend jolie».

Plus sérieusement, l'eau des Abatilles a-t-elle vraiment des Propriétés médicales. Oui, sans aucun doute. Encore moins minéralisée que Vittel ou Evian, elle en a les mêmes propriétés à savoir l'augmentation importante de la diurèse qui, secondairement, entraîne l'élimination des urates et autres sels plus ou moins toxiques. Elle peut donc effectivement être recommandée aux lithiasiques, aux hypertendus, aux artérioscléreux, aux arthritiques, aux insuffisants rénaux et hépatiques. Dans un tout autre registre, par sa très faible minéralisation, elle est une eau excellente pour la préparation des biberons.

La guerre et l'occupation laissèrent l'établissement thermal en piteux état. Cependant, dès 1947, l'établissement thermal rouvrait ses portes et connaissait une période faste d'une dizaine d'années.

Par suite de la concurrence effrénée des grandes marques d'eaux minérales, Perrier, Evian, Vittel, Contrexeville, etc... la production qui était de 700.000 bouteilles en 1930 tombait à 60.000 bouteilles en 1960.

C'est alors que sous le patronage des deux maires de Vittel et d'Arcachon, la Société des Eaux de Vittel devint majoritaire dans le capital de la Société Thermale des Abatilles, pour l'absorber totalement en 1969. La Société Vittel prit deux décisions importantes : fermeture de l'établissement thermal en 1970, et l'agrandissement de la zone d'embouteillage pour une nouvelle politique de vente. Les résultats sont rapides

- 1965 : 1.500.000 bouteilles -

- 1970: 7.500.000 bouteilles -

- 1992:15.000.000 de bouteilles, de «cols».

A noter, pour le porte-monnaie des Arcachonnais, que la Ville perçoit à titre de redevance, 2 centimes par bouteille, soit 300.000 francs par an.

En 1992, cette année, une campagne publicitaire grand public a été lancée, s'appuyant sur la faible minéralisation, l'absence de nitrates et la dégustation de l'eau à la buvette de la Source Sainte-Anne, de juillet à septembre.

Deux slogans : «Les Abatilles : l'eau grandeur nature», «Les Abatilles : une eau pure dans un écrin d'azur».

CONCLUSION

En octobre 1992, peut-on dire qu'Arcachon soit toujours «une ville de santé". Tous les établissements de soins ou de cure ont fermé ou se sont reconvertis. Le lycée climatique a oublié son origine. La cure themtale n'existe plus. La ville d'hiver est devenue un quartier résidentiel recherché. Seuls subsistent un préventorium à soins diversifiés et l'espoir d'une thalassothérapie. Mais doté d'une infrastructure médicale de haute qualité et de grande technicité dans sa diversité, Arcachon est prêt, dans son ambiance balnéaire, climatique et thermale, à relever le défi de l'an 2000 en augmentant, tout en les améliorant, les nouvelles espérances de vie.

Arcachon ne reste-elle pas une ville de santé ?

Docteur Robert FLEURY
Maire Honoraire d'Arcachon
Conseiller Général de la Gironde

Document extrait de l'ouvrage
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BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

ARCACHON, La Ville d'Hiver, Paris, Institut Français d'Architecture, 1983

BROM C., Etude de l'action bénéfique du climat d'Arcachon en milieu scolaire. Thèse pour le Doctorat en Médecine, Université de Bordeaux, 1967.

BUCHAN A.P.. Observations pratiques sur les bains d'eau de mer et sur les bains chauds. Ouvrage traduit de l'anglais par Rouxel, Paris, Baillère, 1835.

CREYXM.,Mise au point sur la Cure d'Arcachon. Fiches de pratique médicale,1935. CUENOTA., Météoropathologie et variations de la consommation d'oxygène, Paris, l'Expression Scientifique Française, 1958.

KELLER E., ARCACHON, Métamorphoses, Marguerittes, Equinoxe, 1992. LALESQUE F., ARCACHON, ville de santé, Paris, Masson, 1919.

LEMARIÉ L. La source jaillissante, nûnérale et thermale des Abatilles, Gironde, sa découverte et son aménagement intérieur. Paris, le Génie Civil, 1927.

LOUBIC A. Essai bioclimatique sur Arcachon, Thèse pour le Doctorat en Médecine, Université de Bordeaux, 1962.

MASSONATS.,La vie quotidienne en Ville d'Hiver d'Arcachon 1862-1914. Mémoire soutenu dans le cadre du diplôme de l'Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux, 1991-1992
ROCCA A., Des bains de mer, Paris, Masson, 1857.

ROCHAIS A., Traité d'hygiène, Paris, Masson, 1946.

THOMASJ.,Contribution à l'étude de la bioclimatologie d'Arcachon sur les enfants implantés, presque tous bronchopathiques. Thèse pour le Doctorat en Médecine, Université de Bordeaux II, n° 102, 1967.

REVUES

Arcachon balnéaire et climatique, C.R.B.A., 1964.

Arcachon, station climatique type, Arcachon, Hôtel de Ville, 1949. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, n° 31, 1992.

Médecine de groupe «Même congrès national de M.G., Arcachon, 1970, Saint-Jean d'Angély, Bordessoules, 1970.

Souvenir des Abatilles, Bordeaux, Sériat, 1929

Moniteur Municipal de la Ville d'Arcachon, 1962
Vitellius, lettre n°7, juin 1971, lettre n°12, avril 1972, lettre n°36, décembre 1976.

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